POP! (partie 2)

01.01.2023 - 26.02.2023

Cinémathèque suisse
POP! (partie 2)
POP! (partie 2)

POP! (partie 2)

Side B

Londres, 1956. Dans le cadre de l’exposition «This Is Tomorrow» qui se tient à la Whitechapel Art Gallery, considérée comme le point de départ du pop art britannique, les artistes du Independent Group, inspirés par Marcel Duchamp, le mouvement dadaïste et les surréalistes, exposent des affiches détournées représentant Marilyn Monroe et Marlon Brando. Leurs œuvres trouvent leur inspiration dans le cinéma, la bande dessinée, la science-fiction ou dans les objets de consommation du quotidien. Richard Hamilton, artiste de pointe du Independent Group, définit le pop art comme un art «populaire, éphémère, jetable, bon marché, produit en masse, séduisant, etc.». New York, 1963. Au sujet de l’exposition «Six Painters and the Object», dans laquelle exposent Andy Warhol, Roy Lichtenstein, Robert Rauschenberg ou encore Jasper Johns, le New York Times écrit: «Le pop art questionne les objets de culte modernes, avec un regard à la fois apitoyé et satirique, et nous pousse à reconnaître l’impact caché des signes et des symboles que nous voyons tous les jours».

L’influence du pop art sur la musique et sur d’autres formes artistiques est manifeste, et de nombreux musiciens qui sont des piliers de la vague pop – John Lennon et Paul McCartney en premier lieu – ont étudié dans des écoles de beaux-arts. Les Beatles, justement, prophètes absolus de la musique populaire, recycleurs de génie de toute la tradition musicale occidentale – de Bach au rock‘n’roll, du blues au jazz, en passant par le folk et Broadway – sont protagonistes, source d’inspiration ou instigateurs d’une partie de cette excursion cinématographique (Help!, Across the Universe).

A partir des années 1960, le cinéma illustre, explore et s’imprègne de la culture pop. Dans The Knack... and How to Get It (1965), Richard Lester, déjà auteur de deux films avec les «Fab Four», pousse au paroxysme la narration décousue, la comédie de l’absurde, l'humour décalé et l'esthétique du Swinging London. Cette même Londres qu’on retrouve dans Blow-Up de Michelangelo Antonioni (1966) avec sa liberté, sa culture visuelle et sa violence, ou parodiée, trente ans plus tard, dans Austin Powers: International Man of Mystery de Jay Roach (1997).

Après le succès de Breakfast at Tiffany’s (1961), Blake Edwards entame sa collaboration avec Peter Sellers, roi de la parodie et du non-sens – et idole des Beatles! – avec la série The Pink Panther, puis réalise le summum du cinéma pop en tournant The Party (1968). En France, Pierre Koralnik réalise la comédie musicale Anna (1967) avec Anna Karina, égérie des films de Jean- Luc Godard (notamment dans Pierrot le Fou), et Serge Gainsbourg, qui vient d’enregistrer deux 45 tours à Londres et signe ici musique et chansons.

Bande-dessinée (Qui veut tuer Jessie?, Diabolik), comics, super-héros et science-fiction (Mr Freedom, Flash Gordon), nanars (Candy), polars, publicité, mode, musique: à l’essoufflement du mouvement, le septième art continuera à puiser dans l’univers pop, des Monthy Python (avec des films produits par l’ex-beatle George Harrison), aux phénomènes ABBA (The Adventures of Priscilla, Queen of the Desert) et Spice Girls (Spice World).

Et si à la fin de ces mois de «popitude» vous vous dites que, au fond, vous êtes plus Rolling Stones que Beatles, ne désespérez pas: dans une année, la programmation à la Cinémathèque suisse sera carrément rock!

Chicca Bergonzi