Cinémathèque suisse 
10.09.2018 - 16.10.2018

Intégrale David Lynch

Rétrospective de tous les films et d’une sélection de courts métrages de David Lynch (du 30 août au 16 octobre)

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Intégrale David Lynch

 Page du Musée

Infos Pratiques

Welcome to the world of David Lynch

Une ville se réveille, des pompiers passent, un arrosoir fuit. Une scène typique du quotidien d’une petite bourgade au cœur des Etats-Unis. Mais quelque part, le mal sévit. Une oreille dans un parc, des insectes grouillent, et plus loin, dans un appartement, un rêve se confond avec la musique de Roy Orbison. Ailleurs, une bombe atomique explose, symbolisant l’arrivée du mal dans notre monde. L’image se retrouve sur le poster du bureau de l’agent Gordon Cole, photographie identique à celle accrochée au mur de la chambre d’Henry, quarante ans plus tôt dans Eraserhead.

« Le monde contient des idées » clame David Lynch aux Cahiers du cinéma en décembre 2017. Il y parle de son retour à la mise en scène avec un « film de 18 heures » (Twin Peaks : The Return) dans lequel il donne plus de questions que de réponses : « je crois qu’on rend les gens malheureux en résolvant tous les mystères. Un mystère résolu, vous l’oubliez et vous passez au suivant ». L’univers de Lynch est fait d’énigmes, d’espaces anxiogènes, de routes dans la nuit, d’horreur et d’amour, de folie et de double sens. Naomi Watts réalise son rêve lorsqu’elle débarque à Hollywood, sans savoir que c’est 
son cauchemar qui commence.

Milieu des années 1970, Lynch aimerait être peintre. Il suit des cours 
à la Corcoran School of Art à Washington, part en Europe pour trois ans, revient après quinze jours, se rend à Philadelphie et s’inspire de ses quartiers 
salubres. Il se met à écrire. Un vrombissement, une planète, un homme couché. La première scène de Eraserhead définit déjà en soi son cinéma. Frappé par ce film, Mel Brooks lui confie la réalisation d’Elephant Man. Hommage au cinéma expressionniste, le film lui offre la consécration publique avec huit nominations aux Oscars. C’est plus tard avec Wild at 
Heart qu’il obtient la Palme d’or en 1990 pour un long métrage où la violence 
et l’amour se confondent au volant d’une voiture. La même année, il crée la série Twin Peaks pour la télévision qu’il aura de la peine à quitter : « Je ne pouvais sortir du monde de Twin Peaks. J’étais amoureux de Laura Palmer 
et de ses contradictions ». Le long métrage Twin Peaks : Fire Walk with Me viendra calmer (pour un temps) ses ardeurs.

Lynch s’adoucit ensuite en signant le très reposant The Straight Story, à l’opposé de tous les clichés lynchéens. Mais l’apaisement est de courte durée. Il transpose dans Mulholland Drive ses peurs dans le personnage d’Adam Kesher, un réalisateur manipulé par ses producteurs. Soutenu 
par la partition envoûtante d’Angelo Badalamenti, le film est un succès 
et remporte le Prix de la mise en scène à Cannes. Il tourne finalement Inland Empire, dans la discrétion la plus totale, où l’on retrouve Laura Dern disséquée sous tous les angles, au centre d’un trip psychologique dense 
et hermétique, en guise d’adieu à une forme de cinéma.

Entre road-trip, drames et pastiches, l’univers de Lynch est illimité : 
« Je préfère mélanger tous les genres dans un seul film. Comme dans la vie. Vous pouvez pleurer le matin et rire l’après-midi ». 


Welcome to the world of David Lynch.

Maxime Morisod

Une double exposition à Morges et à Sion

Le Musée Alexis Forel à Morges et la Maison du Diable à Sion exposent 
les lithographies et gravures de David Lynch. Depuis sa formation à l’Ecole des Beaux-Arts de Philadelphie, le réalisateur n’a jamais délaissé sa carrière d’artiste et de peintre parallèlement à la création de films. En 2007, il est 
invité par l’atelier Idem à Paris où il crée ses premières lithographies. 
Il y découvre un immense champ des possibles, ouvert par ce nouveau médium, et s’y rend désormais régulièrement pour y travailler. Dans le livre d’entretien paru en 2010 aux éditions Hatje Cantz, il déclare : « Dans cette encre et 
ce noir, il y a une sorte de magie. Quand vous ne connaissez pas quelque chose complètement, l’imagination et le rêve peuvent intervenir ».

L’exposition au Musée Alexis Forel, du 7 septembre au 16 décembre, présente un choix d’estampes récentes et représentatives de l’univers 
de l’artiste : rêves, espaces urbains, insectes, hommes et femmes… 
Des images et des affiches prêtées par la Cinémathèque suisse permettent également de s'immerger dans les films du cinéaste américain.

A l’espace culturel de la Fondation Fellini (Maison du Diable), du 
8 septembre au 16 décembre, les visiteurs découvriront des œuvres qui ont été créées pour l’occasion par David Lynch en hommage à Federico Fellini ainsi que des dessins du Maestro italien issus de la collection de la fondation.

Les longs métrages

Existe-t-il un point commun entre tous les films de David Lynch ? Son cinéma est capable de mélanger les genres (Twin Peaks : Fire Walk with me), de transgresser les règles (Mulholland Drive, Eraserhead) et de narrer l’amour dans un univers sombre et affolant (Wild at Heart), tout en signant l’histoire linéaire d’un homme sur son tracteur (The Straight Story) jusqu’à l’expérience extrême d’Inland Empire, où tout se confond. Le documentaire David Lynch : The Art Life ouvre encore un peu plus les perspectives en mettant en exergue l’activité picturale du cinéaste américain.

Les courts métrages

Avant Eraserhead et la renommée qui suivit, David Lynch réalise plusieurs 
courts métrages à la recherche d’un vocabulaire visuel et sonore particulier. 
En parallèle à ses études artistiques, il crée une série de films mêlant sculpture, peinture, création musicale et arts plastiques : The Grandmother, chef-
d’œuvre spectral et poignant, The Alphabet, condensé de peur sur fond 
de comptines et de cris, Six Men Getting Sick, film-painting pour installation d’art contemporain, ou encore The Amputee, boutade à l’humour fort singulier.

Événements à venir

15:00

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Intégrale David Lynch
Mulholland Drive

18:30

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Le Passculture fait son cinéma (septembre-octobre)
The Day After Tomorrow

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Hommage à Miloš Forman
Hair

15:00

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Hommage à Miloš Forman
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21:00

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Twin Peaks: Fire Walk with Me

14:00

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Nuit: fête de la lumière

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