Cinémathèque suisse 
23.08.2017 - 07.10.2017

Rétrospective Elio Petri

Rétrospective Elio Petri (du 23 août au 7 octobre) – Le cinéaste italien à l’honneur avec une sélection de ses films engagés et à l’esthétique radicale, qui n’ont eu de cesse de questionner son pays.

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Rétrospective Elio Petri
Petri, après le réalisme

Elio Petri, par les thèmes qu’il aborde, son esthétique, sa direction d’acteurs et sa virtuosité technique, représente un tournant du néoréalisme finissant qui prend la direction d’une modernité protéiforme. Créateur d’histoires mémorables et iconiques, teintées de fantastique, de surréalisme et de politique-fiction (Todo modo est peut-être son film le plus prémonitoire), Petri est un cinéaste complexe aux multiples facettes.

Ses onze longs métrages et nombreux scénarios (écrits, en grande partie, avec son mentor Giuseppe De Santis) montrent que, sans sa disparition prématurée à l’âge de 53 ans, il aurait sans doute marqué encore davantage la société italienne. Cette société, issue du boom économique italien d’après-guerre, qui oscille depuis la fin des années 1970 entre freins idéologiques (provenant du centre, mais aussi de « sa » gauche), années de plomb accompagnées de son activisme politique et hypocrite restauration conservatrice.

D’origine romaine et fils d’artisan, Petri fut animateur de ciné-clubs, critique de cinéma et journaliste d’investigation pour le film Roma ore 11 de De Santis (1952). Ce dernier lui présente Marcello Mastroianni qui jouera dans plusieurs de ses films. Mais son autre alter ego restera Gian Maria Volontè, l’anti-star engagée politiquement. 
Son premier long métrage, L’assassino, est un policier psychologique, où apparaissent les thèmes dramaturgiques de la névrose et du pouvoir qui atteindront, dans ses œuvres ultérieures, un haut niveau émotionnel et stylistique. Viennent ensuite La decima vittima, film de science-fiction à l’européenne ; I giorni contati, insolite crise existentielle d’un vieux plombier ; A ciascuno il suo, premier pas dans l’engagement politique et première collaboration avec Volontè ; Un tranquillo posto di campagna, allégorie sur le rôle de l’artiste dans la société, où apparaît le couple le plus sensuel et le plus intellectuel du cinéma européen de ces années-là, Vanessa Redgrave et Franco Nero. Sans oublier sa trilogie de la névrose : Indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospetto, névrose du pouvoir omnipotent incarnée par Gian Maria Volontè en policier cabotin qui assassine en toute impunité ; La classe operaia va in paradiso, névrose sur le travail, toujours avec Volontè, dans un jeu à l’opposé du précédent (Palme d’or à Cannes, 
ex-aequo avec Il caso Mattei de Francesco Rosi) ; et La proprietà non è più 
un furto, analyse grotesque de la névrose de l’argent avec l’incomparable 
Ugo Tognazzi. Après cela, le clairvoyant et incisif Todo modo réunit enfin 
les deux géants Volontè et Mastroianni : le premier dans le rôle d’Aldo Moro, leader controversé de la démocratie chrétienne alors au pouvoir (Moro sera enlevé en 1978 et tué par les Brigades rouges, un événement charnière pour l’Italie) ; le second en ecclésiastique de haut rang, aimable confesseur animant les exercices spirituels des dirigeants de ce parti catholique.

A travers une vision réaliste et clinique, l’anti-maître Elio Petri a encadré avec passion et poigne un pays victime de lui même, loin du Paradis promis. Grâce à son œuvre, hier comme aujourd’hui, le cinéma italien a gagné en considération et pense mieux que beaucoup de ses concitoyens…

Maurizio di Rienzo, critique de cinéma

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