Cinémathèque suisse 
04.09.2019 - 11.10.2019

Rétrospective Jim Jarmusch

Rétrospective Jim Jarmusch du 29 août au 11 octobre

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Rétrospective Jim Jarmusch

 Page du Musée

Infos Pratiques

Les fleurs brisées de Jim Jarmusch

Probablement le dernier cinéaste américain vraiment indépendant (et fier de posséder les droits sur tous les négatifs de ses films !), Jim Jarmusch revendique la lutte qu’il a menée tout au long de sa carrière pour être libre de ses choix artistiques. Cette même liberté qui a toujours caractérisé ses œuvres, comme ses personnages, figures emblématiques d’un monde en perdition.

Au début des années 1970, Jarmusch est un jeune homme solitaire et énigmatique à l’air placide et détaché qui veut devenir poète ou rocker. Grâce à un long séjour à Paris pendant ses études de littérature anglo-américaine, il forge sa culture cinématographique à la Cinémathèque française et découvre le cinéma européen (Dreyer, Antonioni, Vigo, Bresson, Rivette), japonais (Imamura, Ozu, Mizoguchi) et même américain (Fuller). De retour à New York, il décide d’entamer des études de cinéma à la New York University. Lors de sa dernière année, il a l’opportunité de travailler en tant qu’assistant de Nicholas Ray. Quelques jours après la mort de ce dernier, en 1979, Jim tourne son premier film.

Dans Permanent Vacation, Aloysius Parker – croisement entre John Lurie et Jarmusch adolescents – erre dans les rues semi-désertes de New York et y fait des rencontres. Sont déjà présentes les prémisses de l’œuvre à venir : plans-séquences, travelling latéral, une ville aux allures post-apocalyptiques, des personnages bizarres rencontrés par hasard. En 1984, la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes sélectionne son second film, Stranger Than Paradise, un road movie post-moderne en noir et blanc. Le film remporte la Caméra d’or et rencontre un succès foudroyant.

Combien de kilomètres le cinéaste dandy et musicien post-punk aura fait parcourir à ses personnages depuis ses débuts ? Combien de rencontres fortuites, de lieux à traverser, d’histoires à raconter, de silences à contempler ?

Le cinéma de Jarmusch est l’antithèse du rêve américain. Son langage narratif anticonformiste est le terrain dans lequel ses antihéros, marginaux – de langues, cultures ou sensibilités différentes – se croisent, interagissent, pour ensuite repartir vers leur monde de solitude. S’il y a beaucoup de tendresse, de compréhension pour ces voyageurs, poètes, musiciens, tueurs à gages, chauffeurs, vampires ou encore morts vivants, l’ironie et le sarcasme ne sont jamais très loin. Et puis, il y a la musique, toujours, et ses musiciens, compagnons de route fidèles du cinéaste (John Lurie, Tom Waits, Iggy Pop, Neil Young…).

Certes, au fond, aliénation et inadéquation à la vie ne font qu’un avec la mort, inéluctable (Dead Man), peut-être même pour les immortels (Only Lovers Left Alive). Et, en même temps, dans la routine d’une existence ordinaire de banlieue, paisible, mélancolique, mais pas résignée (Paterson), la vie reprend le dessus. Pour le moins, le temps d’un café et d’une cigarette (Coffee and cigarettes).

Chicca Bergonzi

« I scream, you scream, we all scream for ice cream » (Roberto Benigni, Tom Waits et John Lurie dans Down By Law).

Événements à venir

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Rétrospective Jim Jarmusch
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Geschichte der Nacht

15:00

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Hommage à Agnès Varda (1re partie)
Le Bonheur

18:30

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Rétrospective Jim Jarmusch
Permanent Vacation

21:00

Cinémathèque suisse
L’ombre au cinéma
Sin City